EN
loic faure - jongleur acrobate

     

    Infundibulum ?

     

    D’après une idée originale de 

    Philippe de Coen et Anne Ducamp

    Mis en scène par Mauro Paccagnella

     

    Création octobre 2009

     

    Et si nous réunissions Marie, Birdy et Tati sur un plateau ? 

     

    Happés par “l’infundibulum”, entonnoir géant aux parois de bois, acrobates et musiciens s’engouffreraient dans les méandres d’un inconscient vestimentaire et sensoriel. Un homme aurait étalé là toute sa garde-robe de souvenirs, hantée par une galerie de personnages mystérieux, fantômes aimés et rejetés, pantins complices et manipulés. Ils se lieraient, s’effaceraient, se rapprocheraient, posant pour des tableaux éphémères, unis dans une quête indéfinie. 

    L’acrobatie serait mise au service d’une mécanique de savant fou, machinerie omniprésente, entêtante, éreintante. La musique se déroulerait, inlassablement, pour envelopper élans et suspensions dans une même bulle. Et la chute serait inévitable, comme si les agrès de cirque, mât, poulie, balles de jonglage, étaient autant de pièges tendus à la rêverie des uns, à l’obstination des autres. 

    Toute tentative de fuite ou d’ouverture serait un échec. Jusqu’à l’envol ultime.

     

    Ballet de rage et de tendresse mis en mouvement par Mauro Paccagnella, Infundibulum réunit 8 acrobates et 3 musiciens autour d’une scénographie monumentale, architecture de bois et de métal suspendue en fond de scène. Un langage acrobatique et chorégraphique singulier se dessine le long de ses pentes vertigineuses. Une série de tableaux, éléments de notre mémoire collective ou de nos inconscients subjectifs défile, sur le fil, entre réel et imaginaire, entre folie et fragilité. Par des détours inattendus, Infundibulum trouble et touche, contournant le grandiose pour retourner à l’intime. Se perdre en chemin serait suivre sa route. 

     

    Que l’on se rassure, ce titre ne s’est pas imposé à nous pour son apparence savante ni ses consonances latines. Sans en creuser le sens littéral, “infundibulum” pourrait tout aussi bien être un imbroglio de fils et de bulles qu’un galimatias inventé pour désigner l’élément central de notre scénographie. 

    En réalité, il s’agit d’un terme bien précis : dans notre cerveau, l’infundibulum relie l’hypothalamus, noyau de neurones responsable de nos émotions, à l’hypophyse, siège de nos hormones essentielles. Il prend là tout son sens à nos yeux, et baptise avec justesse un spectacle autour de nos moments de fragilité, ces instants étranges qui s’écoulent entre le sommeil et le réveil, entre la perception et la prise de conscience, le trou noir entre le début d’une chute et sa réception.

    Désignant d’une manière générale tout élément de notre anatomie en forme d’entonnoir, “infundibulum” fait également référence à l’apparence de la structure suspendue en fond de scène, suffisamment intrigante pour porter le nom d’une formule magico-maléfique. L’énigme est posée.

     

    http://feriamusica.org